mardi 10 novembre 2009
Biscuits sans nom
Dans
ma bibliothèque imaginaire, il y a des livres en pagaille, des
beaux, brochés et copieusement illustrés, imprimés sur papier
glacé, de ceux qui sont très lourds à déménager. Et puis ceux
qui présentent plus modestement des textes sur papier blanc ou écru,
sans illustration ou très peu. Mais qui par leur rareté et la saveur de leur texte sont tout autant précieux à mes
yeux.
Depuis deux ans, j'ai dans mes rayonnages un opus assez inclassable. Il donne des recettes tout en donnant des leçons d'histoire, il retrace un pan fondamental de la vie artistique et littéraire dans la première moité du 20ème siècle en France. Ecrit par une américaine de naissance, Le Livre de cuisine d'Alice B. Toklas retrace une époque et un art de vivre.
Les innombrables dîners donnés Rue de Fleurus, le repère d'Alice B. Toklas et sa compagne Gertrude Stein, sont l'occasion de converser avec Pablo Picasso, Georges Mathieu, Pierre Cardin... et de construire alors la vie culturelle de leur temps. Le repas évidemment trône au centre de ces rencontres. Une table française, souvent, comme le voulait Alice, une table américaine, le dimanche soir, comme l'avait imposé Gertrude. Des recettes dignes d'un Alexandre Dumas y côtoient des pépites de simplicité. Mais toutes sont décrites avec la même prose alerte, instructive, curieuse et, bien sûr, gourmande.
A plusieurs reprises, j'ai utilisé la recette du Gigot de mouton de sept heures pour le repas dominical de Pâques. Comme je dois adapter les proportions, je me contente de prendre des souris d'agneau. A chaque fois, le résultat est simplement merveilleux. Alors je continue à prendre cet ouvrage pour ce qu'il est, une quête du Graal qui sillonne sur les chemins de traverse de la gastronomie française.
Alice
semble très attachée aux petites choses sucrées, des Merveilles
aux Visitandines,
en passant par le Cake
de la Libération.
En parcourant l'index, rubrique PATISSERIES,
j'ai arrêté mon regard sur les poétiques Biscuits
sans nom.
Comme vous pouvez l'imaginer, il serait dommage qu'ils restent
anonymes. Peu d'ingrédients et une pâte aérienne et moëlleuse
sont deux bons arguments pour ces biscuits sans prétention.
Biscuits sans nom*
De culture américaine avant tout, Alice donne les proportions en tasse. Au début, ce changement de système de mesure me laissait béate. Dorénavant, je le trouve très pragmatique et sans fioriture.
Les proportions que je donne correspondent à une tasse d'une capacité de 250 ml ou un quart de litre ou encore 180 g de farine de blé blanche.
Pour une vingtaine de biscuits carrés de 4*4 cm.
-2 tasses de farine tamisée
-un quart de tasse de sucre glace tamisé + du sucre glace pour le décor
-1 tasse de beurre mou
-1 poche à pâtisserie et sa douille (U8).
-1 c.c. de cognac et 1 c.s. de curaçao blanc
ou :
-1 c.s. de bonne vodka
-1 plaque à pâtisserie chemisé de papier sulfurisé.
Il faut au préalable tamiser la farine et le sucre glace afin d'obtenir facilement une pâte très lisse et homogène, ce qui est impossible même en la mélangeant longuement. Ne passez donc pas cette étape a priori fastidieuse mais essentielle.
Dans une jatte, battez le beurre en crème, puis ajoutez très lentement le sucre glace tamisé ainsi qu'une tasse de farine. Ne battez pas, mélangez en tournant avec une cuillère en bois. Ajoutez l'alcool qui donne le parfum, puis versez le reste de la farine. Continuez à mélangez doucement pendant dix minutes. Vous aurez l'impression que c'est une séance de musculation, et vous aurez raison !
La pâte doit être bien blanche et onctueuse.
Pour façonner les biscuits, Alice indique de modeler des batonnets de la longueur d'un pouce, mais j'ai préféré utilisé une poche à douille équipée d'une douille unie U8 car la pâte est assez mouillée.
Il est alors permis de laisser libre cours à son imagination pour donner leur forme aux biscuits.
J'ai dessiné des serpentins sur des carrés de 4*4 cm.
Cuisez les à four modérément chaud (th. 4-5) pendant 20 minutes, les biscuits ne doivent prendre aucune coloration à la cuisson mais rester pâles.
Sortez la grille du four, laissez refroidir, saupoudrez les biscuits de sucre glace et détachez-les délicatement avec une spatule.
Ces biscuits se conservent 3 semaines dans un récipient fermé hermétiquement.
------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
The Alice B. Toklas Cook Book, copyright Alice B. Toklas, 1954.
*Le
Livre de cuisine d'Alice Toklas,
Alice
B. Toklas, Editions
de Minuit, 1981, p.
100 .
Mes autres idées de douceurs se trouvent dans cette rubrique.
mardi 31 mars 2009
Tout petit et très moelleux Gâteau Châtaigne & Chocolat
Ne vous fiez pas à sa bogue hérissée sous laquelle elle cache brillamment un maximum de suavité. Consommée grillée ou en purée, elle gagne bien des galons à être réduite en farine. Celle-ci contient au moins 75 % de glucides. Sous cette forme très énergétique elle est donc un allié idéal pour les goûters, les petits-déjeuners, bref tous les en-cas et pour les plus gourmands les desserts. Puis il y a fort à parier qu'avec elle, la pâtisserie ne sera plus jamais comme avant. Cependant, la farine de châtaigne pure ne lève pas, il faut au besoin la couper avec de la farine de blé, et ce à hauteur de 50 à 70% (en savoir plus).
Outre l'extraordinaire douceur de son goût, les vertus nutritionnelles de la farine de châtaigne méritent que son utilisation se généralise. Elle fait particulièrement bon ménage avec son cousin le cacao, mais aussi l'abricot sec ou frais. D'une façon générale, les oléagineux -spécialement le trio noix, noisette, amande- font ressortir ses propriétés gustatives, en se conformant à l'étoffe dorée et nourricière de sa palette. Pour commencer, je vais faire très simple en vous exposant une façon fondante mais prosaïque de prendre le thé entre copines gourmandes ou de varier le goûter des enfants. Le tout sans beurre ni crème et peu de sucre ajouté.
Tout petit et très moelleux Gâteau Châtaigne & Chocolat.
Pour 5 moules à muffins ou 5 collerettes :
-160
g de crème de châtaigne (en magasins bio ou en surfaces classiques : dans les 2 cas je l'ai trouvée vanillée, ce que j'espère éviter dorénavant, même si la saveur vanillée est très légère)
-50 g de chocolat noir à pâtisser
-1 gros oeuf extra-frais
-30 g de farine de châtaigne tamisée (en magasins bio)
-1 c.s. rase de sirop d'agave (l'agave est un cactus mexicain, le sirop qui en est issu est facilement digeste, fortement sucrant donc plus économe que le sucre en poudre notamment. On l'achète en magasins bio.)
-1/3 de c.c. de bicarbonate de sodium
-facultatif : vermicelles en chocolat ou copeaux de chocolat pour la décoration.

Préchauffez votre four sur th. 7 (180°C).
Faites fondre le chocolat noir au bain-marie. Pendant ce temps, dans une jatte, mélangez la farine de châtaigne et le bicarbonate. Dans un bol, battez l'oeuf à la fourchette, joignez-y le sirop d'agave et mélangez bien. Ajoutez cet appareil aux ingrédients secs. Versez enfin le chocolat en ruban, mélangez intimement.
Versez l'appareil final dans 5 moules à muffins anti-adhésifs ou dans 5 collerettes. Saupoudrez quelques vermicelles au chocolat ou quelques copeaux de chocolat sur les gâteaux à cuire.
Faites cuire 12 minutes environ à four moyen th. 6. Les gâteaux sont cuits quand leur surface craquelle légèrement : ils doivent rester fondants. Sortez-les aussitôt du four et laissez-les refroidir. Vous pouvez déguster ces gâteaux tièdes ou à température ambiante. Si vous devez les préparer la veille ou si miraculeusement il en reste, conservez-les alors dans une boîte hermétique.
Mes gâteaux avec de la Châtaigne (farine, purée, crème) :
Petit Flan à la crème de marrons.
Cette recette s'associe au Jeu "Chocolat et Souvenirs d'enfance" organisé par Sabrina, du blog Rêves de Gourmandise. C'est ici.
mardi 4 novembre 2008
Pain de Gênes
Il est des petites douceurs très appréciées pour leur simplicité et leur goût unique. Dans mon panthéon des gourmandises sucrées, le pain de Gênes tient le haut du pavé. Il ne se cache derrière aucune banderole et n'a pas besoin de porte-voix pour se faire entendre. Sa mie beige, à peine dorée, aérée, véhicule le délicat parfum de l'amande, enfant chérie des desserts et autres pâtisseries. C'est pourtant en la soustrayant de la recette du Pain de Gênes que la prodigue génoise est née en 1855.
Ce pain façon cake avant tout permet de combler largement les sensations de faim, ceci grâce aux importants apports nutritifs de l'amande, particulièrement rassasiante et, ce qui ne gâche rien, extrêmemement savoureuse. Tout le monde ne peut pas se vanter de calmer la faim et les papilles, mais ce cake-là tient bien ses promesses. Il n'est pas roborratif, toutefois vous pouvez en réhausser les saveurs délicates avec l'un des partenaires favoris de l'amande, les framboises, que vous choisirez en version fruits frais, coulis ou encore sorbet.
Pain de Gênes
125 g de beurre ramolli
200 g de sucre roux
100 g de farine
300 g de poudre d'amandes
4 oeufs entiers : jaunes séparés des blancs battus en neige
Battre le beurre et le sucre en pommade. Ajoutez les jaunes d'oeufs un à un, battez bien. Ajoutez la farine, la poudre d'amande, mélangez bien, battez jusqu'à obtenir une pâte en ruban. Incorporez délicatement les blancs d'oeufs battus en neige. Versez l'appareil dans un moule à cake chemisé ou beurré, faites cuire 45 minutes à four doux th. 6. Laissez refroidir, démoulez, ce cake se conserve 3 jours bien emballé.
mercredi 29 octobre 2008
Gâteau figue-rose
L'écume des jours d'été bouillonne plus vite que toute autre, et jeudi j'ai appris que je suis l'heureuse lauréate du 3e prix du Concours de Verrines dans la catégorie "salé" du jeu organisé en juin dernier par l'indétrônable site 750g.com. Ma recette s'intitule Verrine primesautière, vous la retrouverez sur mon blog en cliquant ici, et en fiche recettes chez 750g en cliquant là.
Pour l'heure, entre deux baignades ou parties de pêche, un petit remontant pour caler son estomac n'est parfois pas de refus. En m'attardant sur les recettes de l'été 2008 passées au crible des diverses parutions des presses culinaire et féminine qui se télescopent parfois, je constate que la figue prend du galon dans les fourneaux. Malgré son extrème fragilité, elle est presque la caporale des superproductions fruitières estivales. Et pour cause : sa rondeur, sa douceur, ses teintes violacées subtilement tigrées nous emballent. On peut la croquer doucement ou la couper en deux délicatement pour la présenter assortie de jambon de Parme ou de fromage de chèvre. Succès bien mérité. Mais il faut avouer que cette célébrité éphémère ne raffole pas des blockbusters et se préfère dans des rôles un peu plus confidentiels. Comme un duo avec l'orange qui lui évite toute déconfiture. Quelques fruits un peu passés (eh oui, on n'est jamais prophète en son pays) m'ont contraint à devoir cuire les figues restantes, associées à de l'eau de rose, cela donne un Gâteau figue-rose. Basé sur la recette du gâteau au yahourt, cet opus contient:
-2 oeufs gros
-1 yahourt nature
-3 pots de ce yahourt contenant de la farine T65
-2 pots contenant du sucre roux
-30 g de beurre fondu
-1 sachet de levure chimique
-5 figues bien faites réduites en purée (au blender)
-2 c.s. d'eau de rose
Dans une jatte, cassez les oeufs, battez bien, incorporez le yahourt, le beurre, le sucre, battez bien. Mettez la levure, la farine, brassez. Incorporez alors les figues et l'eau de rose.
Versez cet appareil dans un moule à cake beurré ou chemisé, faites cuire à fout th. 6/7 pendant 35 minutes. Laissez refroidir et décorez selon votre envie.
mercredi 15 octobre 2008
Muffins poires séchées-amandes
Lors de la dernière Fête de la Tomate, en septembre, j'ai été ravie de goûter de délicieux Muffins à la Tomate séchée. En la matière, les blogs ne laissent rien au hasard, et cette recette vient grossir le flot déjà nombreux. Mais qu'importe, c'est la saison des poires, et plus que jamais délectons-nous des fruits secs et des oléagineux pour nous prémunir contre les attaques hivernales.
Le Muffin est couramment aux pépites de chocolat, équation réconfort assuré pour le goûter ou bombe énergétique au p'tit déj'. Cette soul food Outre-Atlantique permet des tas de variantes au gré des envies. Pour la préparation de base, je me suis fiée aux conseils très avisés de Pascale Weeks. Ensuite, je brode en fonction de l'humeur du jour. Et comme une frénétique nécessité (purement et simplement physiologique, j'imagine) me pousse à consommer des monceaux de fruits secs en ce moment, j'ai opté pour ce duo poires séchées-poudre d'amandes dont le partenariat est bien établi. Le tout donne un spécifique gâteau nourrissant, pas que pour l'esprit, et délicatement parfumé sans être trop sucré.
Muffins poires séchées-amandes, pour 12 pièces :
2 oeufs
75 g de beurre liquide
1 pincée de sel
3 poires séchées détaillées en dés
50 g de poudre d'amande
300 g de farine
100 g de sucre type Mascobado
11 g de levure chimique
25 cl de lait entier
1 cuillère à soupe de sirop d'érable ou de miel
12 moules à muffins et des collerettes en papier ou 12 moules en silicone.
Préchauffez le four sur th. 6. Mêler les ingrédients secs. Ajoutez les poires, puis le reste. Le secret de la réussite tient en la tenue de la pâte qui doit conserver un aspect friable, grumeleux. Pour ce faire, il ne faut pas mélanger vigoureusement les ingrédients mais les soulever doucement et pas trop. Répartissez la pâte dans les 12 moules et faites cuire 30 minutes. Laissez refroidir sur une grille et dégustez aussitôt, ils sont meilleurs frais. D'autres idées pour accompagner votré ? Il n'y a qu'à demander, voyez.
mardi 23 septembre 2008
Cupcakes aux graines de pavot
Des petites douceurs à déguster avec une tasse de votre thé favori font déjà partie des billets de ce blog, me direz-vous, or celui-ci a une teinte très particulière pour moi puisqu'il a été réalisé en l'honneur du premier anniversaire de mon fiston.
J'aimais assez les graines de pavot depuis ma première collocation lors de ma première année de fac, bien loin derrière moi, et que je n'ai pourtant absolument pas oubliée. Avec Béné, on avait des conceptions différentes de la nourriture, mais des portefeuille d'étudiantes et des envies immédiates de tout essayer ! C'était en ce qui me concerne l'époque des fameuses courgettes au miel, que je ne fais plus depuis mais dont je livrerai la recette une prochaine fois, et pour Béné celle du gâteau au citron et graines de pavot, que je n'ai jamais tenté de reconstituer car c'est vraiment ma Madeleine de cette année-là. Le moindre écart de consistance ou de goût aurait raison de mes rêveries sucrées. Pourtant, grâce à cela, la graine de pavot revient sans cesse dans ma mémoire, comme un délicat leitmotiv, mi-bonbon mi-épice. Et cet incomparable croquant sous la dent...
Partout où je vais, les effluves parfumées me chatouillent sans arrêt les narines, et m'attirent une fois de plus au magnifique stand d'épices du marché des Halles, où j'ai d'abord acheté du poivre blanc en grains, de la cardamome ainsi que de l'anis vert en poudre. Puis, en terminant mes courses, une brioche aux graines de pavot me fait de l'oeil. Heureusement, je trouve ce qui me manquait pour repartir derechef au stand d'épices acheter ce qui faisait cruellement défaut à mon assortiment épicier : les fameuses graines noires très légèrement bleutées et tant désirées !
Je voulais réaliser un dessert personnalisé, aux proportions du bambin, et en matière de biscuit ses références sont plus limitées que les notres, cependant je savais -depuis peu- son penchant pour les cup cakes. Une très fine bougie orna l'un d'eux, une fois soufflée, il fut très vite dévoré !
mercredi 17 septembre 2008
Gâteau automnal
L'été joue les prolongations, pas au niveau barométrique, certes, mais un soleil dardant persiste, et c'est du plus bel effet. Toujours en quête du gâteau nourrissant et pas avare de saveurs, je me lançai dans une entreprise de boulangerie qui aurait pu rester hasardeuse. Les bonnes fées m'ont guidé car j'ai bien tiré mon épingle du pétrin -ou de la botte de foin, c'est comme on voudra. Inspirée par les palettes de Dame Nature, j'ai choisi les ingrédients correspondants : abricots secs, purée de châtaigne, farine semi-complète, sucre roux, miel de châtaigne et amandes. Que des choses sorties du panier de fin septembre, pour ne pas l'appréhender avec trop de menaçantes écharpes chaque matin devant l'armoire. En plus, les ingrédients peuvent varier : mangues séchées/cerneaux de noix, pommes/noisettes, poires séchées/pralin. Si vous avez des enfants à nourrir, je pense que cette déclinaison peut faire diversion jusqu'à la mi-novembre. Enfin, qu'est-ce que ça dit ?
Gâteau automnal
-4 oeufs moyens ou 3 oeufs gros
-250 g de farine blanche
-50 g de farine semi-complète T 110
-150 g de beurre fondu
-125 g de sucre roux ou en remplacer la moitié par du muscovado
-1 sachet de levure
-1 c.c. de bicarbonate de soude
-100 g d'amandes en poudre
-125 g d'abricots secs moëlleux détaillés en lanières puis réhydratés
-80 g de purée de châtaigne (dans les magasins bio)
-des amandes effilées + un filet de miel de châtaigne pour la décoration
-un moule à bords hauts beurré et un peu fariné.
Mêlez intimement les farines à la levure et au bicarbonate.
Dans une autre jatte, assez grande, battez le sucre avec les oeufs pour obtenir un mélange légèrement mousseux. Une fois le stade atteint, ajoutez-y progressivement les deux farines, en alternant avec le beurre, mélangez au fouet en soulevant bien l'appareil. Puis, sans cesser de mêler, intégrez la poudre d'amandes, la purée de châtaigne, les abricots sescs. Le mélange reste "compact".
Versez l'appareil dans un moule à bords hauts (genre moule à fond amovible, à charnière, passé maître ès-gâteaux), cuire 40 minutes à feu doux th. 6. Laissez refroidir avant de démouler, puis de napper le dessus de miel et de saupoudrer des amandes effilées.
Comme ce gâteau peut se déguster aussi au dessert et pas seulement au goûter, pour le rendre moins abrupt, choisissez alors de l'accompagner d'une crème anglaise, d'un coulis d'abricots, d'une boule de glace ou de sorbet abricot.
Plus de recettes de gâteaux et cup-cakes pour le thé, par exemple : c'est ici, mes ami(e)s !
samedi 23 août 2008
Cup-cakes limoncello et graines de pavot
Que les inconditionnels du sucré se rassurent : la cup-cake mania n'est pas tombée en désuétude, oh ! non. Vraiment, la kyrielle de billets, blogs, sites, entièrement dévolus à ce divin petit gâteau encourage définitivement la survie de l'espèce. Que les défenseurs de l'appellation "fairy cake" ne s'offensent pas, j'oublie souvent cette merveilleuse terminologie faute de perles et de paillettes. Mes réalisations n'ont certes pas l'aspect bling-bling des charmantes sucreries outre-manche ni l'outrance colorée des cakes outre-atlantique, pour l'heure je leur confère une couverture sobre, assez éloignée des bijoux fantaisies qui règnent en la matière. Or ce glaçage simplissime convient bien à cette recette moëlleuse mais pas molle, fondante mais pas mièvre. De mes premières tentatives, je garde le souvenir grisant de l'adorable pâtisserie que l'on façonne à sa guise, si petite que l'on peut en varier les saveurs, le glaçage ou encore les nuances.
En plus, les enfants adorent ... tant et tant que j'ai essayé avec une recette différente pour l'appareil, que j'emprunte à Clotilde dans le ELLE à table n° 59 (juillet/août 2008) page 20. Il faut davantage d'ingrédients que dans la recette que j'utilise précédemment. Pour donner un ton estival et européen à mes cup-cakes, j'ai ajouté du limoncello à la pâte ainsi que des graines de pavot, car elles et le citron s'embellissent mutuellement, c'est une affaire entendue. Le limoncello s'apprécie de la côte Amalfitaine jusqu'en Sardaigne, tandis que les graines de pavot remplissent les pâtisseries hongroises et polonaises. Délicieusement craquantes, leur teinte noire bleutée donne tout de suite un air un peu chic, je trouve.
Pour l'appareil (recette de Clotilde ) dans le ELLE à table n° 59 (juillet/août 2008) page 20 :
150 g de sucre (j'ai mis du sucre de canne)
2 gros oeufs
4 c.s. d'huile végétale
50 g de beurre demi-sel fondu
150 g de farine
1/2 sachet de levure
15 g de fécule de maïs
125 ml de lait (je le fais toujours tiédir pour un meilleur mélange)
également 2 c.c. d'extrait de vanille (mais moi je n'en mets pas).
Pour le parfumer, j'ai choisi :
2 c.s. rases de graines de pavot (chez les marchands d'épices)
2 c.s. rases de limoncello (épiceries Italiennes, grandes surfaces aussi)
Mon glaçage façon "cream cheese" :
4 portions individuelles de fromage frais type Saint-Morêt
le zeste d'un citron non traité
sucre glace.
Préchauffez le four à th. 6. Beurrez des moules à muffins ou préparez des moules en silicone. Fouettez le sucre et les oeufs. Ajoutez le beurre, l'huile, mélangez bien. Dans un autre récipient, mêlez la farine, la fécule de maïs, la levure. Incorporez la moitié de ce mélange au premier, mêlez bien, versez progressivement le lait tiède et le restant de farine/fécule/levure en mélangeant bien.
Remplissez de cette préparation chaque moule aux deux-tiers et faites-les cuire 20 minutes à four moyen. Laissez refroidir totalement, démoulez et préparez un glaçage au Saint-Morêt : fouettez les 4 portions de Saint-Morêt, le zeste de citron et incorporez peu à peu le sucre glace jusqu'à obtenir une consistance ruban. Nappez chaque cup-cake de ce glaçage avec un pinceau à pâtisserie et maintenez-les au frais jusqu'au moment de servir.
Découvrez mes autres idées de cupcakes :
Cupcakes aux amandes, glaçage de fruits rouges
mardi 24 juin 2008
Carrot cake trois étoiles
Suivant mon envie plus que ma raison, je réalise hier soir un autre Carrot cake que celui de vendredi, qui est passé à la moulinette de mon appétit plus tôt que je ne l'avais prédit. Car ce gâteau se prête décidément très bien aux agapes matinales, en particulier en cette fin d'année qui appelle le changement de tous ordres, l'étirement des membres courbés jusqu'à la plage et retour.
En ouvrant mon magazine féminin le lundi matin, je découvre toujours avec stupeur et joie combien les pages minceur le disputent aux feuillets gourmands glissés ça et là, qui n'attendent qu'une dégustation prompte et sans hésitation. Décidée, je prend quelques notes côté mode, jette un coup d'oeil aux dernières parutions littéraires, m'amuse de l'organisation d'une journée de "célébrité", puis verse tout mon dévolu sur les Fiches Cuisine que je plie délicatement selon les pointillés pour les détacher et les ranger dans mon classeur dédié. Ensuite, je file vers la rubrique "Vie Privée", signet "cuisine", et aujourd'hui, on y fait sa grosse légume ! Et pour cause, tout y est pour convertir les plus réticents aux bienfaits des légumes en combattant leur incrédulité via leur utilisation dans les desserts. Rien de plus évident pour moi, qui les vénère sous toutes leurs formes. Le peloton de tête comprend la carotte, dont un restant de botte végétait dans mon bac réfrigérant. Pour les sauver de la perdition, l'encart m'informe, jaune sur noir, d'un Carrot Cake version Trois Etoiles. Quid de cette version de Pascal Barbot, chef de l'Astrance ? Déroutée par la simplicité des ingrédients et de la réalisation, ni une, ni deux, je m'y jetai corps et âme. Pour obtenir un résultat très différent du précédent, mais parfaitement bon, très léger, avec du goût (merci les carottes nouvelles de ma super maraîchère) et des épices.
Carrot cake trois étoiles
- 150 g de carottes râpées (les carottes nouvelles, plus tendres et savoureuses, se prêteront au jeu à merveille)
- 60 g de sucre (seulement du blanc pour moi, mais moitié blanc-moitié cassonade est toujours bienvenu)
- 60 g de farine
- 2 oeufs
- 1 c.c. rase de bicarbonate de soude
- 1 c.c. rase de cannelle
- 5 cl d'huile d'arachide (soit 1/20e de litre)
- une pincée de feur de sel
Mélanger le sucre, la farine, le bicarbonate, la cannelle, l'huile, le sel, ajouter les carottes et les oeufs, battez bien. Versez dans un petit moule et cuire 25 minutes à four doux (th. 6).
Source : ELLE n° 3260.
vendredi 20 juin 2008
Carrot Cake
La première fois que j'ai goûté au Carrot Cake ou selon la traduction littérale Gâteau à la Carotte, j'étais jeune, (enfin davantage qu'aujourd'hui), assez novice en cuisine "étrangère" -car on ne se défait pas simplement de tendres années bercées par les tartes aux pommes et autres gâteaux au yahourt toujours réinterprétés. Je vous plante la scène : la base du séjour linguistique peu romanesque passe à l'arrière-plan. L'ambiance : c'était l'heure du five o'clock dans un cottage écossais utilisé comme vitrine bucolique à de belles réalisations d'objets arts and crafts. Travelling avant : dans mon souvenir, on y accède comme Alice au Pays des Merveilles passe la porte magique, découvrant des toits recouverts de mousse verte émeraude et des murs en gros appareil rustique et réconfortant, alors qu'à l'intérieur de cette chaumière saxonne tout n'est que finesse, douceur, et... gourmandise. Plan rapproché : la cristallisation du souvenir aidant, il demeure LE meilleur carrot cake qu'il ne m'aie jamais été donné de savourer, à la fois moëlleux, croquant, épicé, suave et incroyablement compatible avec son comparse, le thé.
Il y a quelques mois, en visite à Tours, ma soeur était ravie de m'annoncer d'un ton enchanteur une découverte sucrée faite lors d'un vernissage qu'elle jugeait suffisamment intéressante pour la tenter de nouveau, cette fois-ci avec nous. C'est ainsi qu'elle apporta dans ses bagages parisiens la recette du Carrot Cake du Centre Culturel Suédois (la recette est donnée au Café du lieu éponyme). Contrairement à celui de nos voisins saxons, celui-ci se pare d'une jolie robe blanche, un glaçage au fromage frais (super drôle) et répond au nom (burlesque pour les oreilles non initiées) de Morrotskakaw. J'ai ainsi pu comparer avec le cousin écossais, et je dois dire que le glaçage fait partie de mon plaisir gustatif dans cette recette. Suite à des problèmes informatiques, la recette s'est envolée, ma soeurette repartie et je devais retrouver dare-dare tous les ingrédients qui la composaient.
En quête d'une recette similaire, j'ai arpenté les blogs culinaires et me suis arrêtée sur la recette de lovelyrecipe, issue du blog de Requia, elle-même inspirée du livre de Rose Bakery. Ouf ! La boucle est bouclée. Je ne taris pas d'éloges sur ce p'tit bout d'cake aussi prompt à rassasier les estomacs les plus pantagruéliques que les amateurs de thé les plus exigeants. Comme j'appartiens formellement aux deux catégories, je l'ai réalisé hier soir, en vue de le servir à chaque petit-déjeuner des jours qui suivront. Puis, je l'ai glaçé avec patience après deux épisodes du Dernier Témoin, série germanique qui me rappelle combien Berlin est grande et à quel point le Jarret de porc à la Berlinoise peut figurer au Panthéon Gastronomique Européen. On a tendance à ne plus évoquer que les séries policières made in USA, en oubliant à tort qu'il y a un petit écran Outre-Rhin*.
La base de la recette est celle donnée par lovelyrecipe mais est adaptée librement car je ne sais jamais m'en tenir à un écrit, cela ne m'amuse pas. En revanche, je préfère celui du CCS, ce qui me donne matière à réfléchir sur ce cake.
Le gâteau (pour 8 belles parts dans un moule à fond amovible préalablement beurré)
300 g de farine tamisée
125 g de beurre fondu
110 g de sucre blanc
110 g de sucre roux (la prochaine fois je tenterai avec du Rapadura ou du Mascobado)
6 carottées lavées, épluchées, râpées avec la plus fine des grilles dont vous disposez
4 gros oeufs
130 g de cerneaux noix hachés
1/2 sachet de levure chimique
1/2 c.c. de gingembre (poudre)
Versez dans une grande jatte farine, levure, gingembre, sucres et mélangez avec une cuillère en bois. Ajoutez les eoufs, le beurre, mélangez bien le tout, finissez par les carottes et les noix, mélangez encore.
Versez l'appareil dans un moule à fond amovible (salutaire car il évite bien des démoulages pathétiques) et faites entre 30 et 45 minutes à four chaud th. 7 = 180°C. Pour vérifiez la cuisson, un bon truc : pointez la lame d'un couteau au cente, ell doit ressortir sèche.
Le glaçage
100 g de Saint-Morêt
50 g de sucre glace
15 g de beurre ramollo
Dans un bol, mélangez ces trois ingrédients à l'aide d'une spatule de façon à obtenir une pâte qui se tient, si elle vous paraît trop liquide, ajoutez du suce glace.
Disposez ce glaçage sur le gâteau refroidi entièrement, par badigeons sucessifs.
Je pense conserver ce gâteau au réfrigérateur pour éviter un mauvis sort au glaçage. Cela n'altèrera pas ses qualités gustatives.
*Si les dames d'un âge honorable ne jurent que par l'Inspecteur Derrick, la presque trentenaire que je suis admire beaucoup le légiste Robert Kolmaar.









