mardi 2 juin 2009
Tapioca aux framboises et lait d'amande
Comme
une ligne de conduite à tenir dans ma micro-cuisine, les beaux jours
s'installant, mon four me regarde de loin avec un air suppliant de
p'tit toutou abandonné ... Le mercure remonte sensiblement, c'est
clair mon lapin, je vais t'oublier un bon bout de temps. A bas les
gâteaux du Quatre heures, on reporte aux Calendes grecques les
tartelettes aux fruits, et on relègue pour un moment les si tentants
fondants au chocolat. C'est la loi pour survivre aux heures les plus
chaudes, plus je démarre mon four et plus je me sens fondre tout en
regardant les pollens s'envoler dans les jardins. Même le mode
préchauffage me liquéfie.
Ainsi, je me recommande prestement l'usage des flans bio -même en sachets ils sont très bienvenus pour un dessert vite fait-, pèle, tranche, mouline, presse tous azimuts fruits rouges et agrumes, le ziste et le zeste, à l'assaut de mon saladier cul-de-poule préféré vraiment beau et pratique pour y verser les ingrédients d'une salade de fruits hyper en vue tout l'été. Et afin de la faire twister, je ne manquerai pas de l'assaisonner de menthe poivrée, de coriandre moulue, de thym-basilic, de poivre long ...
Alors comme pour rompre cette allégation semi-consciente, j'attrape de temps en temps, une fois n'est pas coutume, une casserole pour y faire cuire quelques féculents qui ne serviront pas uniquement pour une base à un délicieux pesto vert, mais composeront aussi de simples et bons desserts, peu sucrés et pas trop caloriques s'il le faut. Exemple à l'appui ...
Tapioca aux framboises et lait d'amande, pour 4 parts (que vous pouvez servir par exemple dans un pot de yahourt en verre, toujours très utile, finement rustique et démontre que l'on sait faire preuve d'idée en matière de recyclage)
-40 g de Perles du Japon = Tapioca ou fécule de pommes de terre (1 cs rase de Tapioca = 10 g)
-50 cl de Lait d'amande (en magasin bio et rayon bio)
-50 cl de jus de framboises
-10 g de sucre en poudre (sucre roux)
-une vingtaine de framboises, fraîches ou surgelées que vous décongèlerez à t° ambiante
-une pincée d'amandes en poudre.
Versez le tapioca en pluie dans un grand volume d'eau bouillante, brassez régulièrement et laisser cuire le tapioca un ¼ d'heure. Egouttez et rincez-le à l'eau froide pour désagglomérer les perles.
Finissez la cuisson du Tapioca dans le volume du jus de framboise, du lait d'amande et du sucre que vous portez à très petite ébullition durant encore ¼ d'heure. Là encore, remuez très souvent.
Versez la préparation encore chaude dans 4 récipients individuels et laissez refroidir à t° ambiante, puis réfrigérez le tout au moins une heure.
Au moment de servir, décorez de 5 framboises et égrenez la poudre d'amande par-dessus.
Servez aussitôt !
mardi 3 mars 2009
Le Tapioca récidive avec du citron et de l'amande




Dans mon combat acharné en faveur de la réhabilitation du Tapioca chez les consommateurs âgés de plus de trois ans, voici la seconde recette, plus acidulée et plus goûteuse que la précédente qui démontre une fois encore ma passion immodérée pour le citron. En plus, j'y ajoute l'amande, un duo déjà exploité dans ces pages, qui n'aura de cesse d'enchanter mon palais et le vôtre peut-être. Au vu des news culinaires, l'amande est en bonne place dans le peloton de tête des saveurs estivales, car la page vie privée cuisine d'un de mes vieux magazine ELLE m'apprend que chefs et ménagères se damnent littéralement pour la cuisiner à toutes les sauces, notamment celle dont je vous parlais récemment, la fameuse préparation bio du confit d'amandes, qui s'appelle purée d'amandes dans cet article, mais il s'agit de la même préparation à base d'amandes et de sucre intégral : dantesque.
En somme, le citron et l'amande, c'est tout le sud, l'Espagne, le Maroc, les bordures de la Méditerranée... une philosophie primesautière qui permet d'attendre très sagement l'été !
Verrine de Tapioca citronné et à l'amande, pour 4 verrines, il faut :
60 g de Tapioca ou Perles du Japon
2 citrons jaunes non traités après récolte
6 c.s. bombées de sucre glace
60 g de poudre d'amande
eau.
Lavez bien les citrons sous l'eau courante, prélevez-en les zestes. Faites bouillir les zestes dans 3 eaux différentes, égouttez, remettez dans votre 1ere casserole, ajoutez 3 c.s. bombées de sucre glace et faites confire à feu très doux 7 minutes. Disposez dans le fond de vos verrines.
Faites cuire le Tapioca 8 minutes dans un grand volume d'eau bouillante sans cesser de remuer. Egouttez.
Pressez les jus de citron, versez-les dans une casserole avec le sucre glace restant et le Tapioca, portez à ébullition 5 minutes de manière à ce que les grains de Tapioca soient translucides, cela indique qu'ils sont cuits. Laissez refroidir. Versez dans les verrines par-dessus les zestes confits. Réservez au frais. Parsemez d'amande en poudre au moment de servir.
mardi 3 février 2009
Cheesecake sans cuisson + 1rst Cupcake Day by Dorian
Mode étatsunien* pour les sucreries. Le calendrier gastro(-nomique) vibre selon le tempo calendaire grégorien, et chacun-chacune peut vérifier à l'aide de son blue-jean préféré que les occasions de se réjouir la panse se concentrent véritablement entre Noël et Pâques. A peine sorti(e)s d'une bombance que l'on enchaîne sur une autre. Ce n'est pourtant pas une raison suffisante pour faire taire son fouet (de cuisine) ni rabrouer toute envie sucrée, encore moins, chères primipares, de devoir attendre la prochaine grossesse pour succomber à des tentations douces, certes, mais bien enrobantes.
Y'a des jours où le four fait comme mine de battre en retraite (je voudrais que ça arrive plus souvent mais la gourmandise est une fidèle compagne). Entre trop-plein dominical et pyrolyse, l'endroit le plus chaud de ma cuisine commencerait-il une période ascétique, jurant de rendre la pareille à l'ascétique Carême, avec 21 jours d'avance ! Ce n'est pas parce qu'hier c'était Chandeleur qu'aujourd'hui c'est ceinture. Et entre nous, franchement, la grève des fourneaux n'est pas pour demain, mais cette fois j'ai cuisiné un dessert SANS me servir de mon four chéri, ce qui en plein hiver, sans beaucoup de fruits et toujours sans congélo relève de l'exploit pour moi et recouvre assez d'importance pour être souligné. Au XXI° s. vivre sans micro-ondes ni congélateur est un phénomène rare, cependant la privation du premier est un acte volontaire, du second un acte contraint : petite cuisine vite remplie demande extension de son espace vital... sur le balcon, par exemple ? Vous avouerez que pour les sorbets dont on se délecte volontiers tout l'été cette option ne fait guère l'affaire.
Je vivrais en revanche très mal ou drôlement différemment sans un mixer, et grâce au Dieu de l'électroménager l'ancien a rendu l'âme -sus aux complexantes écotaxes et autres- et j'en suis fort aise car le tout nouveau tout beau et efficace mignon Micro qui m'avait tant plu pendant les vacances de Noël trônant sur l'antique billot de beau-papa a fait mieux que me tendre les bras, il m'accompagne désormais. Coloris rouge pep's et gabarit ultra-compact, rien qu'à sa vue j'ai des envies d'houmous et de guacamole pas vraies. Sa lame coupe extrêmement bien, je me suis déjà entamée l'index alors si je ne veux pas finir avec des mains de cuisinier toutes entaillées, j'ai intérêt à me calmer. Il n'empêche j'adore réduire en purée, en pesto, en pâte aussi je me donne à fond pour trouver un dessert idoine. Fan de produits laitiers, mon étendard de gazophile en berne, je tente sans grands risques mais avec plaisir un petit cheesecake qui ne demande pas de cuisson, juste un peu de beurre fondu, et comme vous avez sans doute un micro-ondes... voici comment procéder pour régaler 4 personnes que vous aimez beaucoup :
Cheesecake sans cuisson
-200 g de biscuits Petit-Beurre (toujours penser à achalander son placard à épicerie d'un ou plusieurs paquets de cette icône du style sucré que les bambins vénèrent)
-1 c.s. bombée de sucre roux
-30 g de beurre doux fondu
-500 g de yahourt nature = 4 yahourts (faisselle préalablement égouttée, yahourts brassés...)
-60 g de fromage frais type Saint-Morêt
-3 c.s. de sucre roux ou de mascobado
-1 c.s. d'eau de rose
-1 c.s. de confiture de figues noires/personne pour décorer (les confitures de la marque Eric Bur sont peu sucrées et assez savoureuses).
Mixez ensemble les biscuits et le sucre jusqu'à obtenir une pâte très friable, du sable en fait. Ajoutez-lui le beurre fondu et mélangez à la spatule en soulevant bien le tout. Etalez cette pâte dans un moule à bords hauts chemisé de papier sulfurisé et lissez le dessus. Réservez au frais.
Dans une casserole à bords hauts, mettez les produits laitiers et le sucre, fouettez bien et faites chauffer à feu doux sans atteindre le stade de l'ébullition pendant 5 minutes. Incorporez le sucre. Laissez refroidir. Versez l'eau de rose, mélangez, disposez cet appareil très lacté sur le fond maintenu au frais et laissez de nouveau au frais au moins 5 heures.
Au moment de servir, démoulez avec le papier sulfurisé, découpez 4 carrés, disposez sur assiette et ajoutez une cuillerée de confiture de figues noires. Bon appétit.
*Ouh, qu'il est vilain ce mot - mais c'est si drôle !
D'autres recettes avec de l'eau de rose :
-Sekerpare (pâtisserie ottomane).
...et comme le mot cupcake ne se promène jamais seul (vous avez remarqué, ce sont toujours des naissances multiples) j'ajoute à ce billet la recette des Cupcakes aux Graines de Pavot et au Limoncello qui fit l'objet d'un post précédent mais qui participe là au 1rst Cupcake Day lancé par Doriannn... Mais pourquoi ? ouvert jusqu'au 1er Mars 2009.
Pour l'appareil (recette de Clotilde Dusoulier, ELLE à table n° 59 (juillet/août 2008) page 20) :
-150 g de sucre (j'ai mis du sucre de canne)
-2 gros oeufs
-4 c.s. d'huile végétale
-50 g de beurre demi-sel fondu
-150 g de farine
-1/2 sachet de levure
-15 g de fécule de maïs
-125 ml de lait (je le fais toujours tiédir pour un meilleur mélange)
-également 2 c.c. d'extrait de vanille (mais moi je n'en mets pas)
Pour le parfumer, j'ai choisi :
-2 c.s. rases de graines de pavot (chez les marchands d'épices)
-2 c.s. rases de Limoncello (épiceries Italiennes, grandes surfaces aussi)
Mon glaçage façon "cream cheese" :
-4 portions individuelles de fromage frais type Saint-Morêt
-le zeste d'un citron jaune non traité
-sucre glace.
Ces petis cupcakes-là se dégustent frais. Préchauffez le four à th. 6. Beurrez des moules à cupcakes ou sortez des moules à muffins en silicone que vous garnissez de caissettes de papier. Fouettez
le sucre et les oeufs. Ajoutez le beurre, l'huile, mélangez bien. Dans
un autre récipient, mêlez la farine, la fécule de maïs, la levure.
Incorporez la moitié de ce mélange au premier, mêlez bien, versez
progressivement le lait tiède et le restant de farine/fécule/levure en
mélangeant bien.
Remplissez de cette préparation chaque moule aux
deux-tiers et faites-les cuire 20 minutes à four moyen. Laissez
refroidir totalement, démoulez et préparez un glaçage au Saint-Morêt :
fouettez les 4 portions de Saint-Morêt, le zeste de citron et
incorporez peu à peu le sucre glace jusqu'à obtenir une consistance
ruban. Nappez chaque cupcake de ce glaçage avec un pinceau à
pâtisserie et maintenez-les au frais jusqu'au moment de servir.
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jeudi 15 janvier 2009
Menu franco-grec et recette de moëlleux à la pistache
Chose promise, chose dûe : le repas franco-grec est disponible dans ce billet. Reporté une fois pour cause de gros rhume, le dîner a quand même eu lieu-et je n'en veux pas aux Athéniennes qui grelottent sous nos latitudes que nous avons observé beaucoup plus clémentes, il est vrai ! En observant l'esprit des nourritures terrestres hellènes par-ci par-là, j'ai saisi l'importance des légumes frais et des assiettes mezzés. Or, l'hiver tourangeau offre pléthore de panais, de carottes et du chou sous toutes ses formes, pas vraiment de quoi faire mon bonheur pour l'occasion. Exit donc les plats trop franchouillards du type choucroute ou raclette (de toutes façons la raclette est le seul plat que je n'aime pas ...).
Alors comme j'ai toujours un appétit féroce en fin d'après-midi (on verra ce qu'en dira mon jean préféré dans quelques années), j'ai fait un grand plat de tartinades composé d'une belle tapenade aux olives noires et de canapés garnis d'oeufs de lompe rouge. Question boisson, l'amour très largement partagé du Bourgogne sous notre toit ne s'est pas démenti, notamment avec une très belle bouteille d'Aloxe-Corton 2000 qui ne demandait qu'à libérer ses arômes ! Ensuite tendron de veau sauce au poivre noir, pommes de terre et champignons sautés. Les Grecs adorent le cresson que j'ai remplacé par de la mâche, en salade mêlée de noisettes, raisins secs, huile d'olive, vinaigre balsamique. Malheureusement, mes amis n'aiment pas le fromage, sinon je me serais bien lancée dans un repas sur ce thème. Résultat, j'ai comblé avec un bon dessert bien gourmand que j'ai copié chez Requia: le moëlleux aux pistaches et au chocolat blanc. Depuis longtemps enfoie dans mon carnet de recettes, j'attendais l'occasion idoine pour la tester. Je les ai réalisés dans des moules en forme de coeur glanés aux soldes le matin-même. Je craignais le goût doucereux des gâteaux à cause du chocolat blanc toujours très sucré, ainsi j'ai fait un coulis aux myrtilles qui se marie particulièrement bien aux pistaches et relève le tout. Comme de mon côté j'avais mis un peu trop de crème dans l'appareil, on était sauvés -mais on ne pouvait pas trop sourire, effet violet sur les dents pas sexy !
Pour la recette des moëlleux aux pistaches et au chocolat blanc, je vous laisse voir ici.
Réaliser un coulis, rien de plus simple : choisissez des fruits frais ou congelés, qu'il vous suffit de mixer avec du sucre glace et en ajouter jusqu'à obtenir la consistance et la saveur désirées. Pour les myrtilles, il faut mettre pas mal de sucre pour contrer leur légère aigreur.
mercredi 17 décembre 2008
Cheesecakes à l'orange et au kaki
Question chromatisme, je suis inlassablement abonnée à la teinte orange, empreinte de dynamisme et d'esprit hippie, parfois antithétiques-, mais aussi synonyme de vitaminite aiguë habituellement bienvenue en décembre. Qui plus est, mon anniversaire tombe ce jour, alors à défaut de succomber à des tentations toutes droites descendues de l'Eden pâtissier, je me frotte à la chose sucrée, répondant au proverbe qu'"on n'est jamais si bien servi que par soi-même". Ces derniers temps, une forte envie de cheesecake m'a orienté sur pas mal de blogs, toujours aussi imaginatifs et attrayants les uns que les autres. Force est de constater que les cheesecakes, comme les cupcakes dirait-on, ont le vent en poupe.
Enfants, on réalisait à la maison, souvent les dimanches d'été, un cheesecake au citron et à la vanille, et c'est avec une grande fierté qu'on dégustait ce dessert américain frais et nourrissant. Cette recette indiquait d'asseoir l'appareil sur une vraie pâte sablée, dense et croustillante comme de la croute de pain. C'est majoritairement en souvenir de cette granulosité perdue (ma soeur confectionne toujours d'extraordinaires pâtes sablées inimitables) que je passe outre les recommandations des expertes à adopter le mix speculoos + beurre pour refranciser un peu ma madeleine. N'étant pas très à cheval sur les nomenclatures quand j'ai une idée bien en tête, je décide de faire une pâte brisée sucrée, car la richesse de l'appareil ne s'accomodera que mieux d'une pâte seulement au beurre... Cette recette vient étoffer les candidatures au concours Desserts de Fête de 750g.com.
Les proportions valent pour deux tartelettes.
Pour la pâte brisée sucrée :
-50 g de beurre doux mou
-100 g de farine T110 semi-complète
-1 c.s. de sucre roux
-1 pincée de cannelle en poudre
-1 c.s. d'eau froide
Pour le fond de tarte :
-2 c.s. bombées de confiture d'oranges amères (bio)
-1/2 kaki épluché détaillé en dés 1*1 cm
Pour l'appareil :
-1 oeuf
-25 ml de sirop de riz
-100 g de ricotta
Facultatif :
-zestes d'oranges non traitées pour décorer.
Préchauffez le four th. 7 (180° C).
Confectionner la pâte : dans un saladier, verser la farine en pluie, le sucre, le beurre, mélangez sans pétrir, ajoutez de l'eau pour former une boule. Couvrez d'un linge, réservez à température ambiante 1/2 heure.
Faites compoter le 1/2 kaki dans la confiture d'oranges amères à feu vif pendant 3 minutes, puis baissez et continuez encore 10 minutes. Laissez refroidir.
Pour l'appareil, fouettez les ingrédients dans une jatte. Réservez.
Abaissez la pâte à quelques millimètres, garnissez-en vos moules à tartelettes que vous aurez tapissé de papier sulfurisé si besoin. Faites cuire à blanc 10 minutes.
Sortez les tartelettes, garnissez-en le fond de la compotée, puis versez l'appareil. Faites cuire de nouveau th. 7 pendant 15 à 20 minutes.
Sortez les tartelettes quand elles sont dorées sur les bords et que le centre est encore un peu pâle. Laissez refroidir à température ambiante et mangez-les quand elles auront bien refroidi. Si on préfère les faire la veille, il n'y a aucune contre-indication, sauf de laisser la gourmandise de tout-un-chacun au placard si on veut jouir du bénéfice de cette avance dans le programme...
Pour plus de desserts, c'est ici.
mardi 9 décembre 2008
Clafoutis au chocolat et à l'orange d'Hugo Desnoyer
Encore une fois, mon lundi fut éclairé par les saintes papilles d'Elisabeth Scotto, grande prêtresse des mémorables fiches-cuisine de ELLE et experte ès gastronomie s'il en est. Sainte Elisabeth, priez pour nous, pauvres gourmands, car les repas augrent toujours quelque chose de définitivement meilleur en votre patronage. L'instigateur des belles manières culinaires de ce n° 3284 n'est autre qu'Hugo Desnoyer, excellent boucher parisien*. Si je note que le monsieur est gourmet, il est aussi gourmand, et dans cette Mecque de la viande, les douceurs ne sont pas oubliées. C'est sa version hivernale du clafoutis qui a retenu toute mon attention : le clafoutis au chocolat et à l'orange. Association classique, certes, mais à part les sarments du Médoc, (ou orangettes) je souhaite appeler le 24 décembre un peu tous les jours, comme un Calendrier de l'Avent.
Avec cette solution ultra-facile, vous pouvez vraiment vous régaler en moins de deux et épater votre petit monde (si, si). Alors pour si peu de difficultés, respectez bien les consignes et vous serez ravis.
Clafoutis au chocolat et à l'orange d'Hugo Desnoyer
-100 g de chocolat noir à 70%
-2 oranges non traitées
-7 oeufs
-100 g de beurre
-200 g de sucre semoule
-100 g de farine
-4 dl de crème liquide
-1 cl de rhum
J'ai utilisé du rhum ambré qui donne un peu plus de pointu à l'ensemble. Pour la marche à suivre, comme je suis un peu grippée, je vous encourage à filer sur ELLE à table.
*Boucherie Desnoyer
45 rue Boulard
Paris-14°.
lundi 1 septembre 2008
Mur-mûres & Tartelettes
En ce 1er jour de septembre, début des frasques ostréicoles (on consomme des huîtres les mois en -bre) et du chemin de l'école, je me tourne davantage du côté des derniers buissons de fruits rouges pour vous livrer une tartelette largement inspirée de La Cuillère D'Argent : les Tartelettes à la mûre. A l'heure où je poste ce billet, c'est encore la saison de cette baie violacée, mais plus pour très très longtemps. Si d'autres idées de tartes tous azimuts vous tentent, jetez un oeil par ici. Pas encore de champignons, ni de grands paniers de pommes, non, mais pour prolonger le plaisir de l'été, mangeons des tartes ! Qu'on les recouvre de crème, de confiture, de fruits nus ou encore d'appareils plus élaborés, les tartes originelles se faisaient sur de la pâte feuilletée. Mais depuis Monsieur Dumas Père, les moeurs ont bien changés et ce sont des brisées, des sablées qui reçoivent les garnitures. Pour le plus grand bonheur des gourmands qui varient ainsi leur plaisir au gré des fantaisies.
Le succès de ces tartelettes à la mûre tient en deux étapes fondatrices : la pâte brisée sucrée et la crème pâtissière. Profitons-en pour débattre de la crème pâtissière, par exemple, qui fait des merveilles en fond de tarte, pour peu qu'on la réussisse. Préférez-vous la déguster nature, vanillée, aux zestes de citron ? Cette dernière solution fait des étincelles avec les baies. Et puis sa réalisation est déconcertante de facilité. Quant à la pâte, j'ai choisi de la faire brisée et légèrement sucrée. Cette recette demande un peu de temps si l'on fait tout, mais elle est vraiment très bonne.
La pâte brisée sucrée (pour deux belles tartelettes destinées à des gourmands) :
80 g de farine
40 g de beurre très mou
10 g de sucre roux

Mettez la farine dans un grand saladier, incorporez le beurre, le sucre, mélangez grossièrement pour obtenir une boule de pâte. Réservez à température ambiante au moins une heure si possible.
La crème pâtissière aux zestes de citron (proportions adaptées de la recette p. 1059, La Cuillère D'Argent):
2 jaunes d'oeuf
80 g de sucre roux en poudre
15 g de farine
25 cl de lait
1 c.c. de zestes de citron
Dans une casserole, fouettez les jaunes d'oeuf avec le sucre pour obtenir un mélange mousseux. Ajouter la farine petit à petit. Porter le lait à ébullition, stoppez le feu. Ajoutez-lui les zestes de citron. Retirez du feu, versez le lait chaud, faites épaissir 3 minutes environ sur feu très doux en remuant. Versez dans un récipient pour laisser refroidir. Remuez pour éviter la formation d'une petite peau. Cela refroidit vite (20 minutes).Abaissez la pâte, tapissez-en les moules. Versez la crème refroidie, faites cuire 15 minutes à four moyen (th. 7, 180° C). Laissez refroidir.
La purée de fruits rouges et la décoration :
250 g de mûres
50 g de confiture de framboises.
Mixez la confiture et les mûres sans oublier d'en garder quelques-unes pour la décoration (une vingtaine). Disposez la purée sucrée sur les tartelettes bien refroidies, ajoutez les mûres, servez.
Mes autres tartes sucrées :
Tarte au citron jaune et aux amandes
Tarte au chocolat noir, coulis de poivron rouge
mercredi 6 août 2008
Tarte amandine aux cassis
Comment survivre sans sorbetière
(l'été) ? Tarte amandine aux cassis.
Une déferlante de recettes toutes aussi alléchantes les unes que les autres nappe la blogosphère culinaire d'un délicat nuage de (sucre) glace. Je ne me situe pas au-dessus de ce nuage, moi qui suis aussi bien aux prises avec la moiteur ambiante, pourtant il m'est difficile de jouer à armes égales au sein de cet aéropage culinaro-céleste. En effet, mon handicap 2008 semble incontestable : je suis sorbeto-déficiente pour parler politiquement correct. En d'autres termes, parmi les équipements électroménagers in-dis-pen-sa-bles dans une cuisine, la mienne ne compte pas la sacro-sainte sorbetière, et, croyez-moi, j'en souffre, enfin particulièrement ces jours-ci. Cet épisode du martyre a atteint son paroxysme depuis que j'ai renoué avec l'intense saveur non surfaite des sorbets maison dans un très bon restaurant jurassien par un soir de juin qui proposait un beau duo sorbetier mangue-griotte à se damner.
Les esprits pratiques me rétorqueront -bien justement- : Quid du passage à l'acte d'achat ? Ah, en bonne foodista, j'y ai bien pensé, car l'obsession des soldes ne me quitte plus, seulement il y a un léger hic. Ma cuisine est pleine comme un oeuf, vrai de vrai, alors avec cette acquisition supplémentaire je ressemblerais à un éléphant dans un magasin de porcelaine. Impossible pour l'heure. Je prend finalement mon mal en patience et rivalise d'astuces pour contrer ce manque, outre la fréquentation assidue des artisans glaciers que l'on rencontre, je m'en aperçois à mon corps défendant, bien plus souvent qu'à son tour.
Les alternatives ne sont pas légion, mais notons celles qui prennent du galon : granité, soupe de fruits, yogurts fait maison (nécessitant l'appareil idoine). On plébiscite toujours et encore le sans cuisson et on fait la part belle aux smoothies, salades de fruits frais, milk-shakes et gazpachos. Or, parfois la tentation du four reste sans appel, particulièrement certains jours maussades où l'irrésistible envie des tartes aux fruits se fait sentir, hiver comme été. Il est de bon ton d'exposer ici la Tarte amandine aux cassis.
Pour la pâte brisée sucrée :
-100 g de beurre très mou
-200 g de farine
-2 c.s. bombées de sucre roux
Pour l'appareil :
-400 g de cassis
-100 g de poudre d'amandes
-2 oeufs
-25 g de beurre très mou
-80 g de sucre non raffiné
Préparez la pâte : mettez le beurre dans une jatte, versez la farine en pluie, le sucre, formez une boule. Ajoutez un brin d'eau froide si la pâte est trop épaisse. S'il fait très chaud et que la pâte est trop collante, laissez-la reposer 1 heure recouverte d'un linge au rérigérateur. Etalez-la dans un moule à tarte (j'avais un moule à fond amovible diamètre 21 cm, donc un trottoir de pâte assez haut !), piquetez-le fond à la fourchette.
Pour l'appareil : battez vivement le beurre, les oeufs, le sucre, l'amande. Disposez les cassis sur le fond de tarte, puis nappez de l'appareil. Faites cuire le tout à four chaud th. 7 pendant 15 minutes puis baissez à th. 6 encore 15 minutes. Laissez refroidir avant de servir.
mardi 22 juillet 2008
Mijotée d'abricots à la pistache
Lorsque j'étais étudiante, mes premières "vacances" se soldèrent par des jobs d'été en juillet et en août, ce après quoi, si j'en avais encore le courage, les vendanges tendaient leurs ceps et moi, à défaut de bi-ceps, mes bras devenus fébriles. Point trop n'en faut, ce type de grille estivale finit par vous tuer. L'année d'après, pour profiter de la chaleur juillettiste, j'avais décidé de partir en goguette -c'est du moins ce que, naïve, j'imaginais alors- avec plein d'amis, pour cueillir les abricots dans la Drôme, à côté de Tain-l'Hermitage, là où se concentre l'essentiel de la production abricotière et fruitière française.
A peine arrivée, le programme ne me réjouit guère : lever aux aurores pour éviter la chaleur excessive -qui nous accablait malgré toutes ces précautions dès 9h00-, la douloureuse sacoche en bandoulière pour recueillir les 10 kilogrammes de fruits qu'elle pouvait contenir, perchée sur une échelle de laquelle on n'apercevait, bien franchement rien d'autre si ce n'est ... des abricots à perte de vue. A partir de deux journées tenues à ce rythme, se produit un phénomène paranormal que même Sigmund Freud n'aurait pas renié analyser : des nuits en colorama teintées uniquement de vert et d'orange. Cette bichromie obsédante relatait l'exacerbation nocturne des images diurnes mettant en scène l'abricot charnu dans son dense feuillage.
Un tel rapport de couleurs complémentaires me parle quand il s'agit d'arts plastiques. En outre, transpirer à grosses gouttes toute la sainte
journée ne m'a jamais sied, j'en prenais vraiment la pleine mesure. Seulement je découvris l'intérêt gustatif des abricots cueillis sur
l'arbre, juste à la pointe de la branche, là où le soleil darde très fort
et piquette les plus beaux fruits de taches rouges enflammées. Malgré cela, à cause d'un contexte harrassant, dès mon retour en terre comtoise, j'obéis sine die à un étrange commandement : ne plus jamais manger d'abricots. Je ne pouvais plus les voir en peinture, et leur souvenir papillaire ne serait jamais l'égal des exemplaires glanés lors de ce séjour de labeur.
Quelques poignées d'étés plus tard, alors que je reste ferme sur ma dégustation nirvânesque du haut de mon escabeau, de nombreuses apparitions dudit fruit réveillent toute ma curiosité à son égard. Dois-je le rôtir, l'agrémenter de lavande ou plutôt de chèvre frais ? Sans amandes l'abricot survivra-t-il ? Autant d'interrogations premières qui doivent trouver des embryons de réponses. Pour ce faire, je me suis résolue à acheter des abricots du Roussillon, en vue de les transformer avant de les consommer. Ce qui donne une délicieuse
Mijotée d'abricots à la pistache proportions données pour 2 personnes :
-8 beaux abricots (variété bergeron, de gros calibre)
-1 c.s. rase de sucre roux
-10 g de pistaches non salées
-10 g de beurre
Lavez les abricots, séparez-les en deux et dénoyautez-les.
Dans une cocotte (en fonte) faites fondre le beurre, ajoutez les oreillons d'abricot l'intérieur contre la casserole, saupoudrez de sucre, recouvrez et laisse mijoter 25 minutes à feu très doux.
Prélevez délicatement les abricots pour les disposer dans un compotier, égrenez la pistache, laissez reposer. Servir à température ambiante.
Note : si vous servez cette mijotée froide, réfrigérez le compotier avec les abricots cuits une fois qu'ils ont déjà tiédi pour éviter de réchauffer votre réfrigérateur. Et n'ajoutez la pistache qu'au moment de servir. Elle supporterait mal le passage au froid.
dimanche 15 juin 2008
Mangue-menthe, duo rafraîchissant
Pendant que les bouquets de menthe inondent les étals primeurs, aux côtés d'autres herbes tout aussi odorantes que la ciboulette, la mélisse, ou encore le mystérieux basilic-cannelle, la mangue se love au fond de mon panier de fruits délicats, souvent en compagnie de la fraise.
Après plusieurs essais de verrines sucrées, mais pas les derniers, j'ai troqué mon mixeur contre un fidèle couteau, et j'ai improvisé une assiette simple, qui mêle le traditionnel sucré des desserts occidentaux à une pointe poivrée très bienvenue.
Et pour ne pas faillir à la folie du moment, ce week-end j'ai fait de nouveaux cupcakes. Enfin, non pas que je les conserve d'une semaine à l'autre, mais il s'agit simplement de nouvelles tentatives. Avec la quantité de pâte suscitée, on peut remplir une vingtaine de moules. Afin de renouveler le stock et vidé un peu de mon épicerie, j'ai opté pour la diversité et les ai parfumés de quatre façons différentes : graines de pavot-zestes de citron jaune/chocolat blanc/eau de rose-graines de sésame blond/confit d'amandes (comme il ne se mélange pas bien à la pâte, il forme des petites pépites au creux des cupcakes, qui sont un pur régal !).
Pour enrayer la gourmandise biscuitière, voyons plutôt ce que nous dit la mangue... dans des proportions pour 4 personnes :
2 belles mangues mûres, épluchées
1 c.s. de noix de coco râpée
4 feuilles de menthe fraîche lavée
2 tours de moulin à poivre (Sichuan, très parfumé)
Préparez cette assiette environ une heure avant de la manger.
Coupez les mangues en lamelles, disposez-les bien séparées sur une assiette ou tout autre contenant de service qui soit plat. Saupoudrez de la noix de coco, poivrez à votre convenance, décorez de la menthe. Réservez au frais jusqu'au moment de servir.









