La cuisine selon mon envie !

Des recettes de cuisine basées sur les produits de saison et les épices. L'histoire des aliments et leurs bienfaits nutritionnels sont largement abordés.

14 octobre 2011

Assurer le dîner, acte I

DSCN5201Pour le dîner à la maison, comment ne pas commettre trop d'impairs quand les gens déjeunent à 3 endroits différents ? Certes, cantine d'école maternelle, cantine de collège et self de CHU ont au moins en commun de ne laisser présager aucun grand moment gastronomique. Le repas du soir est donc devenu le meilleur moment pour convoquer les saveurs, les produits frais du marché, et la fantaisie qui fait si souvent défaut aux assiettes, au restaurant ou ailleurs. Comme je fais la part belle aux légumes et que mon fils n'en raffole pas vraiment, je ruse actuellement avec le lait de coco. Je place ce fameux indispensable de la cuisine asiatique comme un voile pudique sur autant de haricots verts, de carottes ou de côtes de bettes dédaignées d'ordinaire.

Si le lait de coco est un atout culinaire (liant, parfumé) il n'est pas un super produit pour la planète ni pour le corps. Même s'il remplace la traditionnelle crème fraîche, il contient des lipides, évidemment. J'en mets un soupçon, et pour tromper le pastavore, je dégaine alors mon arme secrète : les épices qui colorent –en ce moment, c'est le jaune-- et qui ne sont pas trop pimentées : du curcuma, ou un mélange de curry que je prépare moi-même. Pour apporter du croquant et une touche finale, les graines de nigelle, au goût fumé et à la couleur noir charbon*, sont du meilleur effet pour habiller un blanc de poulet poché ou une purée de potimarron. Le lait de coco est fabriqué à partir de pulpe de noix de coco râpée. Il s'utilise dans les réalisations sucrées aussi bien que salées, remplaçant notamment la crème fraîche. Une fois chauffé, il développe des saveurs de noix de coco plus prononcées, et apporte aux autres ingrédients une note douce. Il se marie très bien à l'ail, l'oignon, les tomates, la coriandre ou le citron vert. Il peut aussi mener son bout de chemin sans un mélange au curry, mais je trouve qu'il faut l'associer à des saveurs présentes pour le faire danser dans le palais : poivre noir, curcuma, citronnelle, poireau émincé, chou chinois.

*L'historien Michel Pastoureau souligne l'élégance et le chic du noir que véhicule le Noir dans les sociétés occidentales actuelles.

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13 mai 2011

Curry doux de lapin en Römertopf

Curry_de_lapinUn Römertopf déniché en vide-grenier et c'est parti pour des détours au four : ratatouille confite, pommes de terre nouvelles rôties au thym, et là curry de lapin.

Comme à l'accoutumée, j'ai fait la poudre de curry avec les composants habituels. Ce mélange-ci est particulièrement doux. Il convient donc aux gastronomes en culotte courte qui, même s'ils sont curieux, ne tolèrent guère le piquant avant quelque années. Pour donner un petit croquant supplémentaire à ce curry doux, j'ai ajouté une pincée de mélange d'épices panch phoran : sur ce billet de Beena vous trouverez tout sur le panch phoran. Et dans cet article de Clotilde aussi.

La cocotte Römertopf est un récipient en argile qui va au four. Elle permet de cuire tous types d'aliments et quasiment sans ajout de matière grasse si l'on choisit cela. De par sa matière poreuse, elle fait fonction de cuit-vapeur, et conserve un milieu humide et aéré où les aliments cuisent bien, dans le sens où ils peuvent y rester longtemps sans jamais brûler.

Pour 4 personnes :

1 lapin entier découpé

1 cs rase de poudre de curry doux

1 gros oignon doux épluché, émincé

4 gousses d'ail rose de Lautrec épluchées

200 ml de lait de coco

quelques tronçons de gingembre frais

1 cs rase de mélange panch phoran toasté (facultatif)

1 lichette d'huile d'olive

Sel fin.

Tapissez le fond du plat d'huile d'olive.

Diposez dessus : les lamelles d'oignon, les morceaux de lapin, l'ail, le gingembre frais, la poudre de curry et le lait de coco. Salez modérément. Recouvrez avec le couvercle.

Placez la cocotte dans un four froid puis commencez la cuisson à 180°C, que vous poursuivez 1 bonne heure et demi. 

Préparez un riz long grain dans un très grand volume d'eau salée, égouttez-le et servez aussitôt.

Servez très chaud.

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01 avril 2011

Saupoudrez vos assiettes : Brochettes de dinde marinées au curry

Brochettes_de_dinde_marin_es_au_curryRien de plus volatile que les épices et le discours sur elles ? Les mélanges courants, d'autres plus détonnants ou carrément exaltants forcent l'emploi des poudres magiques dans nos assiettes. Ça fait une bonne décennie que j'initiai ma découverte des épices et autres condiments en lisant La Maîtresse des Épices qui décrit leurs usages culinaire, thérapeutique, sanitaire ou aphrodisiaque. Une autre Indienne du Kérala, elle, superpose divinement la cuisine occidentale à celle plus chamarrée de son Inde natale.
Depuis quelques années, je fais mon propre curry, en assez petites quantités pour ne pas que les arômes s'échappent et, de cette façon, je peux en doser la force.
Devenue inconditionnelle des graines toastées, j'aime aussi en ajouter au dernier moment dans certains massala (signifie mélange d'épices en Inde) comme les graines de sésame noires ou blanches, les graines de pavot bleu ou de nigelle. 
Si dans le cochon tout est bon, dans la volaille aussi, abats, sot-l'y-laissent, jetez le bec et garnissez vos couettes de plumes mais ayez régulièrement une petite pensée pour la marinade. Facile, économe en temps, en argent et en calories, elle est vraiment là pour simplifier l'existence. Après un bon bain parfumé, la viande peut être rôtie, saisie, léchée (par les flammes) ou mijotée... À bas l'embarras du choix avec ce dossier mensuel de Fureur des Vivres consacré à la Cuisson. 
Brochettes de dinde marinées au curry
Pour 4 portions
-1 cc rase de mélange de poudre à curry (coriandre-cumin-curcuma-fenugrec-gingembre-céleri-poivre noir-cannelle-clou de girofle-carvi-fenouil-cardamome-sel)
-400 g de blanc de volaille coupé en gros cubes
-3 cs de sauce soja sucrée
-1 gousse d'ail écrasée
-quelques lamelles d'oignon rouge
-3 cs d'huile de sésame
-quelques zestes de citron jaune (facultatif)
-fleur de sel.
12 heures à l'avance, préparez la marinade : dans un saladier, mettez la viande en cubes et mélangez-la aux ingrédients de la marinade de façon à bien imbiber toutes les faces de la viande. Couvrez et laissez reposer au frais.
Ôtez la gousse d'ail. Préparez les brochettes en piquant les cubes de viande sur 4 brochettes ou 8 plus petites, dépend de la taille des piques.
Huilez légèrement une poële et saisissez les brochettes sur tous les côtés. Baissez le feu, faites cuire doucement encore 10 minutes.
Servez très chaud avec un raïta bien frais et un riz long grain nature.

Petit lexique :
Massala ou masala : en Inde désigne tout mélange d'épices (piment-moutarde-fenugrec-assa-foetida). Ils sont légion.
Curry-carry : mélange d'épices traditionnel de l'Océan Indien. Curry en Inde, Carri/-y à la Réunion, la souche est la même. Ces épices en constituent la base : coriandre-cumin-curcuma-fenugrec-gingembre-céleri-poivre noir-cannelle-clou de girofle-carvi-fenouil-cardamome-sel**. Mais il existe presque autant de sortes de curry que de cuisinièr(e).

*Livres à dévorer :------------------------------------------------------------------------------------------------------
La Maîtresse des Épices, Chitra Banerjee Divakaruni, Éditions Philippe Picquier, 1999.
Culinary Artistry, Andrew Dornenburg, Karen Page, Van Nostrand Rheinold, 1996.
**Les Miscellanées Culinaires de Mr. Schott, Ben Schott, Éditions Allia, 2007.

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13 janvier 2011

Navet violet râpé, sel massala

Navet_r_p__au_sel_rose_et_massala Les navets, violet, de Pardailhan, blanc se prêtent bien au jeu de la salade de râpées, sans qu'ils soient le moins du monde dépourvus de leus attraits. Crus et fraîchement râpés, ils gardent leurs vitamines intactes, se prêtent à plusieurs assaisonnements et révèlent des arômes surprenants pour qui ne les connaît pas sous cet angle-là. La betterave crue n'a pas vraiment bonne presse elle non plus, pourtant c'est une erreur de croire qu'elle est meilleure cuite :nos bons vieux légumes d'hiver sont tout bonnement différents ainsi. J'ai de merveilleux souvenirs de cantine avec le chou blanc râpé, noix, raisins secs et comté.

C'est pour vanter les mérites d'une épice fort appréciée en Inde et très en vogue depuis  les recherches menées par David Servan-Schreiber sur les bienfaits des aliments santé que je transmets cette recette. Dans son livre Curcuma en cuisine, Garance Leureux parvient à saupoudrer nos assiettes d'orange  de l'entrée au dessert. Comme je n'ai pas de sel rose massala mais un joli sel miroir de Bolivie, de couleur rose, je lui ai ajouté un mélange d'épices massala : carvi, curcuma, noix de muscade, cardamome et une pointe de poivre noir, qui fait désormais la paire avec le curcuma.

À titre de repère, la liste des ingrédients entrant dans la composition du massala ou massalé réunionnais : coriandre, cumin, carvi, fenugrec, moutarde, curcuma, clous de girofle, cardamome, poivre noir, muscade, cannelle, piments forts. Tous ces ingrédients entrent bien sûr dans la composition du curry indien, lequel renferme encore plus d'épices (gingembre...). Ici, l'idée est bien de réveiller une salade hivernale par les saveurs, les couleurs et les textures, donc improvisez avec vos pots d'épices. D'une façon générale, je suis d'avis de concocter les mélanges chez soi pour optimiser la conservation des saveurs, doser en fonction de ses goûts et redoubler de créativité en cas de manque d'ingrédient(s).

Pour 4 assiettes en entrée :

-250 g de navet violet épluché et rincé

-1 pomme épluchée et rincée
-le jus d'un demi citron vert ou jaune
-huile d'olive

-sel rose + mélange massala ou sel rose massala (mélange disponible en magasin bio)

-75 g de graines de courges

 Préparez cette délicieuse petite entrée juste avant de passer à table.

Râpez le navet et la pomme assez finement, versez le jus de citron pour éviter le noircissement. Réservez dans un saladier.

Faites griller à sec les graines de courge pour apporter une touche fumée et croquante.

Mettez l'huile d'olive, le sel et saupoudrez des graines encore chaudes, ça crépite !

Mélangez un peu et servez de suite.

{Recette adaptée de Curcuma en cuisine, Garance LEUREUX, La Plage Éditions, 2010, p. 38 : « Râpée de navet au sel rose de Massala ».}

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20 mars 2010

Soupe de lentilles corail, patates douces & coriandre

Soupe_Lentilles_Corail_et_Patates_Douces

Il y a cinq jours, bien avant que le printemps nous prouve avec ardeur qu'il jouait encore à cache-cache avec les giboulées, j'ai eu envie de soleil et de pep dans nos assiettes. Comme les légumineuses sont légion à la maison ces temps-ci, avec les herbes et les légumes du réconfort (la suavité des patates douces répond bien à ce qualificatif) rien de plus magique qu'une soupe, faisable même sans autocuiseur, puisque le temps de cuisson des lentilles corail est extrêmement raccourci par rapport à celui des consoeurs lentilles vertes et autres petits pois sauvages.

Je suis même carrément obsessionnelle, car j'ai concocté cette soupe juste avant de me rendre à un cours de cuisine Indienne. J'allais cuisiner et déguster nos plats, tandis qu'à la maison, les heureux hommes goûtaient cet essai très concluant. Voila donc mon India Soup, tandis que vous pourrez ensuite continuer le voyage aux Indes avec l'Indian Song, de Marguerite Duras.

Les légumineuses : les lentilles corail font partie de la même famille que les lentilles vertes, les pois chiches. Originaires du continent Asiatique, les lentilles corail sont particulièrement cuisinées en Inde, avec du riz notamment, où elles forment alors un plat protéiné idéal. On les retrouve notamment dans la cuisine d'Afrique du Nord. Elles sont vendues décortiquées, d'où leur couleur, leur temps de cuisson réduit mais également leur éclatement à la cuisson. Leur saveur n'est pas très prononcée.

Les féculents : les patates douces, tubercules provenant probablement d'Amérique du Sud, très utilisées en Polynésie, ont une saveur incomparable de châtaigne et sont subtilement sucrées. La patate douce se prépare indifféremment en recette salée et sucrée. Néanmoins, elles se prêtent aux mêmes modes de cuisson que la pomme de terre, frites, en purée, sautées, en potage... Elle ravit le palais des petits commes de grands.

Les herbes arômatiques : la coriandre fraîche, a un goût frais, proche du citron, des feuilles de sauge et de céleri. Elle vient rappeler la poudre de curry dont elle est l'un des composants.

Le liant : le lait de coco.

Les épices : la poudre de curry (maison).

Pour 4 portions

Patates douces : 500 g

Lentilles corail sèches : (pré-trempage inutile) 200 g

Lait de coco : 15 ml

Ail : 2 têtes

Echalote : 1 petite

Poivre blanc du moulin : 2 tours

Eau : 1,5 litre

Coriandre fraîche : 4 brins rincés

Gros sel marin :  ½ c.s.

Curry : ¼ c.c.

Epluchez les patates douces, l'ail et l'échalote. Rincez les lentilles, les patates, taillez-les en cubes grossiers, ainsi que les aillacées.

Versez 1,5 litre d'eau froide dans une grande casserole, jetez-y tous les ingrédients sauf le lait de coco. Portez à ébullition 20 minutes, coupez le feu.

Ajoutez le lait de coco et mixez longuement pour obtenir une consistance de ruban.

Servez une grosse louche/assiette et décorez de feuilles de coriandre.

Dégustez aussitôt.

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14 avril 2009

Lentilles Corail en salade et Tutti Quanti

SaladeLentillesCorailEtTuttiQuanti Les légumes secs sont pas recommandés aux petits enfants, aussi pour que toute la famille soit réunie à l'unisson autour du même repas et pas servie à la carte, gain de pas et gain de plats obligent, j'opte dorénavant pour les lentilles corail. Cette variété de légumineuse est dépourvue de son enveloppe et du coup elle se digère très facilement, ne nécessitant de surcroît qu'un court laps de cuisson. Après une longue période de déni durant laquelle je ne leur accordais aucun crédit faute d'y déceler un goût quelconque, je n'exploitais pas une once de l'extraordinaire potentiel qu'elles recèlent. C'était la fin de mon adolescence et pas le moment de plaisanter.

Maintenant, outre leur amusante couleur pastel assez éloigné du corail orangé des récifs mais proche de l'univers doucereux des bonbons sucrés, j'aime leur consistance et en fais la base de mes salades composées froides -fort utiles pour le dîner ou comme plat unique à bureau-transporter. Après tout, il n'y a pas de raison que la lentille corail soit moins bien lotie que la verte, dont l'A.O.C. lui garantit son statut enviable de première muse des lardons et compagne attitrée des petits salés.

Grâce aux alliacées du printemps -ail frais, oignon nouveau- je dope les vitamines et la ration en fibres vertes de mes proches.

Ingrédients pour 4 personnes :

200 g de lentilles corail (au rayon bio)

1 tige d'ail frais lavé

1 tige d'échalote fraîche lavée

1 tige de persil frisé lavée

1 c.s. rase de graines de sésame blond

20 g de Morbier ou de fourme d'Ambert pas trop faite

20 g de raisins blonds secs

1/2 botte de radis roses, sans les fanes, lavée

1 yahourt brassé nature

20 g de fromage frais type Saint-Morêt ou Carré Frais

1 c.c. rase de poudre de Curry (en voici une des versions possibles, réalisée pour accompagner des patates douces)

1 c.s. de jus de citron

sel, poivre

Faites cuire 15 à 20 minutes les lentilles corail dans de l'eau salée, selon une proportion de 1 pour 5, soit 1 litre d'eau pour 200 g de lentilles. Egouttez-les et rafraîchissez-les.

Emincez finement tous les alliacées : ail frais, échalote fraîche, et le persil. Coupez en rondelles les radis. Coupez en dés le Morbier.

Préparez la sauce en mélangeant à la fourchette dans un bol le yahourt, le fromage frais, le jus de citron, le curry, salez, poivrez. Conservez au frais.

Mettez les lentilles égouttées dans un saladier, ajoutez-y les autres ingrédients et versez la sauce juste avant de servir.

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07 avril 2009

Patate douce et patati

PatateDouceEtPatatiOn a tou(te)s un livre de chevet et un livre de chevet de cuisine. Bien qu'il soit plus approprié de dire livre de billot, livre de labo, livre de piano, qu'importe, on aime les feuilleter sans se lasser. J'avais élu à ce titre Le Livre de cuisine d'Alice B. Toklas en 2008 ; comme un Moleskine®, il ne me quittait (presque) jamais, confondant mes souvenirs avec ceux d'Alice B. Toklas. Je me suis dernièrement plongé ardemment dans Les Miscellanées Culinaires de Mr. Schott, petit opus foutraque, plein d'esprit et drôlissime sur lequel j'ai jeté mon dévolu. Pour finir, je trouve bien plus d'inspirations dans ces recueils que dans les livres de recettes purs et durs. D'ailleurs, celui de  Clotilde Dusoulier occupe la même place dans ma géographie culinaire : pas seulement des façons de procéder, mais aussi et surtout des pensées, des anecdotes, en somme une mine d'informations très digestes.

J'ai analysé la constitution des sauces chez Mr. Schott, après quoi la composition des curries (en page 25) a suscité tout mon intérêt. Du coup, j'ai rassemblé mes boîtes à épices pour faire le mien, de curry. A chaque cuisinière son curry, comme l'on dit, donc même si les quatorze ingrédients qui le constituent sont proportionnés, c'est par pincée que j'ai procédé, forçant plus ou moins la dose de  cannelle ou de cumin. La liste des poudres d'épices est donnée à titre indicatif*, mais je ne boude pas mon plaisir de vous faire partager cet inventaire à la Prévert. Composition de la poudre de curry : coriandre-cumin-curcuma-fenugrec-gingembre-céleri-poivre noir-cannelle-clou de girofle-carvi-fenouil-cardamome-sel. Indisciplinée et un brin frondeuse, dépourvue de coriandre, de carvi et de fenouil, j'ai ajouté du poivre long, mis pas mal de céleri et de girofle moulue, plus une pointe de colombo. Le tout redonne vie à une patate douce échouée sur les bords du panier à légumes, et lui évite de terminer sa vie en accompagnant inlassablement un poulet au curry.

Avant d'abondonner totalement les soupes hivernales et de plonger dans le délice verdoyant des légumes maraîchers, j'adore rêver à des horizons plus exotiques. A deux encablures de Pâques et de son traditionnel agneau, pétrie de songes chocolatés, je me contente d'une soupe aux notes de fond très douces relevées par des épices, et notamment par l'enchanteur Colombo, roi des tables Antillaises. Autant je suis fan de la couleur du Curcuma, autant je tombe en pâmoison devant les effluves de ce mélange puissant, qui exalte les papilles et sait réveiller comme nul autre une salade, ou encore plus traditionnellement donner tout son jus à un poulet. De plus, le mélange d'épices est très utile dans la cuisine des beaux jours. Déjà, il appète par ses couleurs vives, ensuite permet d'alléger la note calorique en évitant d'avoir la main trop lourde sur les matières grasses, et enfin, agit comme un exhausteur de saveurs. N'oubliez pas que les légumineuses, lentilles corail en tête, sont toujours impatientes de retrouver la compagnie des différents mélanges d'épices -Râs El-Rhânout, Curry, Colombo...

Patate douce et patati (en guise d'entrée pour 2 personnes)

-1 patate douce (bio si possible) cuite vapeur

-30 g de fromage frais nature (type Saint-Morêt)

-1 c.c. rase de curry

-sel

-1 c.s. rase d'amandes effilées grillées.

Placez la patate douce cuite à égouttez le plus longtems possible, même la veille conservée au réfrigérateur.

Réduisez-la en purée, salez un peu.

Mélangez à la fourchette le fromage frais et la poudre de curry.

Dressez la purée sur des assiettes ou dans des verrines*, disposez dessus un nuage de fromage épicé, parsemez d'amandes effilées et servez aussitôt.

Nota Bene : En raison de la présence d'épices et de fruits d'oléagineux qui peuvent être allergènes, ce plat peut présenter des disconvenues aux personnes souffrant d'allergies ; il est également préférable de ne pas en donner aux enfants. Dans ce cas, supprimez tout bonnement le curry et les amandes de la préparation et remplacez-les simplement par des herbes arômatiques comme la coriandre.

*pour plus d'informations lisez Les Miscellanées Culinaires de Mr. Schott, par Benjamin Schott, éd. Allia, 2007.

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25 janvier 2009

Poulet épicé aux amandes et haricots lingots

pouletamandeslingot Manger des légumes secs est devenue la marotte de toutes les foodistas et aucun d'eux ne leur échappe : lentille verte ou corail, pois chiche ou cassé, la marmite bouillonne incessamment de ces divins alliés hivernaux. Je suis reconnaissante à ces féculents d'être aussi bons chauds que froids, en salade ou en poëlée, tout ce qui s'y frotte s'adoucit et révèle pleinement ses saveurs ! En plus grâce aux recettes de MaryAthènes tous font leur entrée par la grande porte de la cuisine méditerranéenne.
Un fond de haricots lingots perdu au fond du placard à épicerie me tendait les bras depuis un bon bout de temps, sauf que je ne voulais pas les accomoder en mode saucisse, ni les manger froids, ce qui leur va pourtant aussi à ravir. Ce midi, après un passage chez le volailler et un rapide tour d'horizon de mes bocaux, j'ai opté rapidement pour un plat riche en goût et nourrissant, saison oblige, dans lequel les épices relèvent le poulet et révèlent de façon inhabituelle les lingots. Ils ne sont pas d'or, enfin, on peut s'y méprendre. Les proportions pour 4 personnes :

Poulet épicé aux amandes et haricots lingots

-4 cuisses de poulet fermier ou bio

-5 c.s. d'huile d'olive

-10 têtes d'ail épluchées

-une bonne pincée de chaque épice suivante : colombo, cannelle, muscade, cumin, cardamome

-40 g d'amandes effilées

-15 g de beurre doux

-3 c.s. de sucre roux

-sel, poivre du moulin

-240 g de haricots lingots secs à faire tremper 6 heures ou une nuit

-2 branches de thym

-2 feuilles de laurier

-1 oignon doux épluché : la moitié émincée et l'autre piquée de 3 clous de girofle

-1 c.c. de gros sel

Vous avez prévu ce plat depuis la veille ou le matin-même car les haricots lingots secs nécessitent 6 heures de trempage et une cuisson de 30 minutes en cocotte-minute ou 1 heure en cuisson classique à la casserole. Donc faites déjà tremper les haricots durant 6 heures dans un grand saladier d'eau froide. Rincez-les bien, égouttez-les. Placez-les dans votre cuiseur, cocotte-minute ou casserole, recouvrez-les largement d'eau froide et incorporez le bouquet garni = thym + laurier + oignon piqué de girofle + gros sel. Fermez et respectez le temps de cuisson indiqué plus haut ou sur l'emballage des légumes.

Pendant ce temps, occupez-vous du poulet : dans une sauteuse, mettez 2 c.s. d'huile d'olive et faites-y dorer les cuisses sur leurs 2 faces, pendant 5 minutes. Baissez le feu et incorporez alors les aulx, le demi-oignon émincé, et faites cuire à couvert doucement durant 20 minutes.

Faites revenir les amandes dans une poële anti-adhésive avec le beurre et le sucre pendant 10 minutes en mélangeant bien et en maintenant un feu assez vif pour caraméliser légèrement les amandes. Arrêtez le feu.

Jetez les épices sur le poulet, salez et poivrez. Prolongez la cuisson 10 minutes toujours à couvert. Puis mélangez doucement les amandes au poulet.

A ce moment-là, les haricots sont cuits si vous avez utilisé la cocotte, aussi égouttez-les bien, retirez le bouquet garni, et incorporez-les délicatement à la viande. Ajoutes les 3 dernières c.s. d'huile d'olive, laissez à feu très doux pendant 5 minutes pour que le mélange des saveurs opère. Goûtez. Rectifiez l'assaisonnement si nécessaire.

Servez sans plus attendre.

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09 juillet 2008

Concombre au curry

DSCN1678 Certaines associations culinaires paraissent déroutantes au premier abord, et un beau jour, pour peu qu'on y ait goûté, un nouveau monde s'ouvre devant soi. Rompue à l'utilisation redondante des légumes, surtout les 'gumes verts,  je m'abonne au concombre durant des semaines dès que la saison bénie s'ouvre et si le soleil y met du sien,  c'est le concombre masqué qui me poursuit !

Le plus souvent il accompagne mes salades et humidifie les grains de semoule de mes innombrables taboulés, mais c'est rarement qu'il occupe pleinement le devant de la scène. Devant cet injuste coup du sort, je tente de me rattraper en lui présentant des ami(e)s révélateurs de talents : à la menthe et au sel, au citron et au yahourt bulgare. Mais là, je voulais faire souffler un petit vent d'exotisme sans faire d'infidélités aux copains d'avant. Pour des papilles lassées des accomodations classiques infligées au concombre, je vous conseille vivement cette recette simplissime, fraîche, et savoureuse. Mon gourmet de mari a vraiment adoré. Pour moi, c'est une caution, une vraie. A vous de convertir vos foules affamées et fines bouches en tous genres ! Pour 2 personnes :

Concombre au curry

-1 concombre épluché et coupé en dés
-1/2 pot de yahourt brassé = 65 g 

-50 g de fromage frais type Saint-Morêt

-une pincée de curry en poudre
-une pincée de curcuma
-10 feuilles de menthe fraîche lavée et ciselée
-1 c.s. de jus de citron vert
-1 c.c. rase de graines de lin

Dans un petit saladier, mélangez le yahourt et le fromage à la fourchette. Incorporez le jus de citron, le curry, le curcuma. Brassez bien et lissez la surface à la fourchette. Disposez les dés de concombre, la menthe, les graines de lin. Servez aussitôt.
Nota bene : ce mélange peut s'utiliser en dip sur du pain noir.

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17 avril 2008

Blancs de volaille en curry

poulet_curryAutant de curry que de cuisinières, telle est la conclusion des voyageurs passés par l'Inde et, une fois de retour au bercail occidental, définitivement rompus aux exhalaisons épicées des mille et un plats forts servis dans ce vaste pays.

Je vous propose dans ce billet  un curry ou cari à ma façon, à ma sauce, devrais-je dire car, une fois n'est pas coutume, l'expression populaire contient une bonne dose de véracité. En effet, le curry désigne deux choses : le mélange d'épices utilisé pour ce plat et le mode de cuisson du plat lui-même, en l'occurence un plat mijoté. Tenez, pour info, le mélange d'épices utilisé ici ressemble de très près au Vadouvan, sans contenir toutefois deux des composants de la sainte-trinité ô combien bénéfique des alliacées, je veux bien entendu parler de l'oignon et de l'échalote.

S'il faut un peu de temps pour la préparation des ingrédients, la réalisation de ce curry est en revanche fort simple, et peut idéalement être réalisée la veille. Les sauces et accompagnements seront par contre établis le jour même.

Blancs de volaille en curry, pour 4 personnes 

  • 4 beaux blancs de poulet ou de dinde émincés

  • 2 bottes de petits oignons nouveaux ou 12 oignons sauciers épluchés et coupés en 4

  • 10 gousses d'ail épluchées, dégermées et écrasées

  • 50 cl de lait de coco

  • 1 citron jaune : zesté, pressé

  • 2 c.s. de cassonade ou de miel

  • 10 c.s. d'huile d'olive vierge extra

  • 10 grains de cardamome

  • 1 c.s. rase de cannelle en poudre

  • 2 c.s. rases de curry (mon mélange actuel est composé de 10 épices : coriandre, curcuma, piment rouge, moutarde, cumin, poivre, fenugrec, ail, sel, fenouil)

  • 1/4 de c.s. de girofle moulue ou 4 clous de girofle

  • 4 feuilles de laurier

  • 1 piment oiseau sec

  • 1 c.c. de gros sel

  • poivre blanc du Sichouan

Accompagnement :

  • Riz basmati (500 g)

  • yahourt à la grecque parfumé de menthe fraîche ciselée (laissez reposer au frais 1 heure)

  • quelques rondelles de bananes saupoudrées de noix de coco râpée

  • tout type de chutney

Faites revenir doucement les blancs de volaille dans un fond d'huile, dans une cocotte type Le Creuset®. Ajoutez ensuite l'ail, le laurier, la cardamome, la cannelle, le curry, le cumin, la girofle, faites rissoler le tout 2 minutes en mélangeant bien. Ajoutez le lait de coco, la moitié du jus de citron, le gros sel, le poivre du Sichouan, laissez mijoter à couvert environ 1 heure. Dans une autre casserole, faites confire les oignons : mettez les oignons, le sucre ou miel, l'huile restante, couvrez et laissez prendre 1/2 heure à feu très doux.

 

Au moment de servir, disposez sur le curry le zeste de citron, saupoudrez la coco râpée sur les bananes et arrosez-les de l'autre moitié du jus de citron. Servez le riz nature, le curry avec le yahourt, les bananes, un chutney de votre goût. Si vous devez le cuire la veille, faites réchauffer le jour-même 1/4 heure.    

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Posté par orangebalsamique à 10:32 - Plats/Plats uniques - Commentaires [3] - Permalien [#]
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